Un peu d’histoire – ცოტა ისტორია
J’ai décidé de partir en Géorgie, creuset culturel entre l’Est et l’Ouest…
Seule, pour huit jours.
Quand j’ai annoncé la nouvelle à Natacha, la babouchka concierge de notre immeuble, elle a pensé que j’étais folle de faire une chose pareille, et m’a répété que je ne devais faire confiance à personne là-bas, surtout pas aux hommes géorgiens, qui semblent doux comme des agneaux puis vous leurrent avec du vin rouge sucré, m’a-t-elle dit.
Il faut dire que Natacha n’a pas mis les pieds en Géorgie depuis les années 1980.
Certaines mœurs ont probablement évolué. Ce qui est intemporel, en revanche, c’est la nécessité de faire montre de prudence et d’intelligence lorsqu’on entreprend de voyager seule et sur ce point, Natacha est de bon conseil.
J’atterris à Tbilisi, capitale de la Géorgie le dimanche 8 août à 12H45. Nous avons changé de fuseau horaire. Malgré les nombreux taxis insistants, je décide de prendre le bus qui me conduit à la ville en moins d’une heure. Dominée d’abord par les Arabes puis par les Mongols, les Perses, les Turcs et enfin les Russes…Tbilisi est encore largement influencée par ceux qui ont traversé son histoire et qui confèrent à la ville son atmosphère si chaleureuse, éclectique, et d’une légèreté particulière.
Je loge dans le vieux centre de la ville qui exhale ce parfum de fruits secs, de bois usé, de murs bigarrés défraîchis par les années et le soleil. 🌞
Ici, tout semble vestige.
Dans ma rue, un salon de manucure « Paris beauty » me rappelle que même ici, les gens ne sont pas insensibles au charme de la plus belle ville du monde.





Lundi 9 août – Tbilisi – თბილისი
Kartlis Deda, jeune femme aux allures de guerrière, une coupe de vin dans la main et une épée dans l’autre, veille sur la ville. Elle fait écho à la Statue de la Mère Patrie à Volgograd et à celle de la Rodina Mat à Kiev.





J’ai décidé de faire une halte aux bains de souffre bien connus de Abanotubani. Le premier indice de l’ancienne tradition des bains publics de Tbilissi est la subtile odeur de soufre qui imprègne l’air, en particulier à Abanotubani, littéralement « le quartier des bains ». En réalité, « Tbilissi » se traduit par « lieu chaud », car selon le folklore géorgien, le roi Vakhtang Ier rencontra des sources d’eau chaude alors qu’il chassait. Étonné et fasciné, il décida alors de fonder l’actuelle Tbilisi sur place, donnant ainsi naissance à la tradition séculaire des bains publics. Nul de besoin de chauffer l’eau donc, puisqu’elle provient directement des sources à une température de 39°C situées sous la ville.
Les bains étaient à une époque un endroit majeur de négociations et de rencontres…même Pouchkine et Dumas sont passés par là ! La plaque à l’entrée de la maison de bains Orbeliani figure d’ailleurs une citation du père de la langue russe : « Je n’ai jamais rien connu de meilleur dans ma vie que les bains de Tiflis ».




Ici, j’ai choisi des bains traditionnels, familiaux, simples. La pièce est claire, carrelée de rose. Un oubli dans le toit laisse passer les rayons du soleil de sorte qu’il n’y a nul besoin de lampe. On m’explique que je dois d’abord passer sous la douche glacée, avant d’entrer dans la vasque dans laquelle coule de l’eau très chaude qui passe à travers un linge plein de souffre. L’immersion ne se fait pas sans difficulté, mais je me donne du courage en pensant à toutes les toxines qui pourront être exsudées grâce à ce rituel inhabituel.
20 minutes plus tard, alors que je suis parvenue à m’habituer à la température, une femme arrive avec son attirail de nettoyage. On m’avait prévenue qu’elle me gommerait. Elle m’intime l’ordre de sortir du bain brûlant pour m’allonger sur les carreaux frais en mosaïque et me passe très vigoureusement un gant exfoliant sur tout le corps, me débarrassant ainsi de toutes mes peaux mortes et probablement quelques péchés. Après m’avoir fait retourner, elle me savonne avec un tout petit morceau de savon qu’elle a fait mousser généreusement grâce à une sorte d’immense ballon en tissu. Des cheveux aux orteils, elle me nettoie comme on récure une enfant à son retour d’une bataille dans la boue.



Une chose est sûre avec ces bains : ils n’ont pas pour objet de chouchouter quiconque, mais avant tout de nettoyer en profondeur. C’est seulement par la suite que se sont développés les services type « spa et massage » pour les touristes.
Souaya prend même le temps de me masser pour me dérider le front avec toute sa force, puis me rince à grands coups de seaux d’eau chaude. Je dois enfin alterner jets glacés et bain brûlant.
Sortie de là une heure plus tard lessivée et envahie d’une lassitude agréable, je sens que mon corps a été éprouvé de la bonne manière.
Je pars alors en quête d’un vrai Khatchapuri Adjaruli, mon type de Khatchapuri favori, cette spécialité culinaire en forme de barque. Avec son jaune d’œuf au milieu et son carré de beurre frais, garni de solouguni (fromage géorgien salé, si goûtu qu’on le croirait parfumé à l’alcool avec son arrière-goût de fermenté), l’Adjaruli est à mi-chemin entre le chausson pâtissier et le pain au fromage. Il se marie parfaitement avec un verre de vin Saperavi, l’un des fameux cépages géorgiens. Pour déguster l’Adjaruli, mélanger le jaune d’oeuf au morceau de beurre et au solouguni et commencer par croquer dans la coque du bateau. Le reste suivra naturellement.



Mardi 10 août – Bazar – ბაზარი
Je me rends au marché bazar en passant par des vieilles rues aux maisons délabrées à l’air d’Orient, aux peintures désuètes et aux portes de bois mité.

Au bazar, on trouve :
- Des Churchkhela : noisettes, morceaux de fruits ou cerneaux de noix enfilés comme des perles pour obtenir une brochette trempée ensuite dans du jus de fruit amidonné puis séchée au soleil…;
- Toutes sortes de fruits secs et de noix, mais aussi des fruits bien frais et juteux, dont on sent qu’ils ont été gorgés de soleil rien qu’à les regarder ;
- Du fromage frais en quantité astronomique que les vieilles qui n’ont plus que quelques dents en or veulent me faire goûter ;
- De la viande, partout, très souvent à l’air libre ;
- Des hommes qui vous hèlent pour vous vendre leurs grenades _ biens meilleures que celles de l’étal voisin, cela va sans dire ;
…et quantités (tout sauf) industrielles d’autres choses.
Je m’assois sur la table en extérieur d’un bouiboui pour grignoter mes bonbons de noix.



Des mets de luxe pour une poignée de lari ! La monnaie locale a le nom de « trésor » en géorgien




Tous veulent me faire acheter avec leur sourire. Tous s’enquièrent d’où je viens, et tous sont surpris de constater qu’une française de Tahiti résidant en Ukraine et parlant un peu russe ait choisi de passer des vacances en Géorgie. Lorsque je dis que je suis française, c’est toujours la même chose : « oh bonjour mademoiselle ! merci beaucoup oui ! ». La France est aimée ici, peut-être aussi parce que la Présidente de la Géorgie, Salomé Zourabichvili, est Franco-Géorgienne et cousine germaine d’Hélène Carrère d’Encausse ?
Je pars déjeuner à Alubali, une cantine sous une pergola, tenue par trois femmes. On m’apporte du sologuni fait maison dans un ramequin. La grosse boule de fromage moelleux, aussi bonne soit-elle, est bien trop conséquente pour une seule personne. Chachliks de mouton parsemés de lamelles d’oignons rouge et de perles de grenade constituent le plat de résistance. La limonade aux framboises et à la menthe qui l’accompagne donne un vrai goût d’été à ce copieux repas.





Si la grenade est cuisinée à toutes les sauces dans la cuisine locale, c’est parce que c’est le fruit emblématique du pays, symbole depuis des temps immémoriaux de procréation et de puissance. Même dans la ville, des grenadiers jalonnent les trottoirs.
Modeste sieste à l’hostel avant de partir pour la gare routière ou je trouverai le véhicule qui m’emmènera à Stepantsmida-Kazbegi. J’échappe à la chaleur de la capitale pour monter dans une marchroutka (minibus) qui me conduit pour 10 laris.
Lorsque j’interroge le conducteur sur l’heure de notre départ, sa réponse est très claire : cela peut être dans une heure comme dans dix minutes, nous devons attendre que le véhicule se remplisse de voyageurs. S’en suit alors une heure et demie d’attente dans le minibus en pleine chaleur. Même lorsqu’il est plein, nous attendons, je ne sais pas quoi, mais nous attendons, et le conducteur a l’air de disputer des passagers en géorgien.
Finalement, nous partons. Sur la route bordée de montagnes, le vent frais soulage l’atmosphère qui devenait intenable et rapidement, les constructions urbaines laissent place aux maisons en pierre ou en bois.
Deux heures et demie plus tard, j’arrive dans la petite ville de Stepantsmida, anciennement Kazbegi (la région, elle s’appelle toujours ainsi), dont le mont fait la renommée internationale de l’endroit.
Je me sens comme propulsée dans un univers parallèle, où les vaches traînent dans les rues avec leur babouchka, et où les ânes jouent avec une petite fille à l’entrée d’un magasin puis se disputent quelques morceaux de ce grand pain géorgien qu’un touriste a laissé sur un muret par mégarde. Il est déjà trop tard lorsqu’un jeune homme arrive pour réprimander les bêtes.





Mercredi 11 août – Gveleti – გველეთი
Ce matin, je pars d’un pas soutenu sur la route en quête des cascades de Gveleti, dont le nom signifie serpent en géorgien. La plus grande est majestueuse. Je me baigne furtivement dans son eau glacée à la grande surprise des passants. La promenade est aussi jalonnée de ce que j’aime appeler les jacuzzis naturels qui offrent un massage-drainage aussi efficace que revigorant !
C’est ensuite le moment de se sécher sur l’herbe de la montagne, près d’un rocher en plein soleil, entourée de grillons qui font tant de bruit qu’on les prendrait pour des serpents à sonnette.





Jeudi 12 août – la vallée de Trusso – თრუსოს ხეობა
Je passe la journée dans la vallée de Trusso. J’y rencontre, sur mon chemin :
Un homme et son fils, chacun son cheval, transportant des brebis qui pendent du côté de chaque flanc de la bête transporteuse. Endormies par une piqûre dans le cou, elles seront vendues à la ville.
Un cours d’eau sulfureux et orange de par sa saturation en fer qui est sans doute l’un des plus froids que mes pieds ont connu dans leur vie, ainsi qu’un lac minéral bleu protégé où de minuscules bulles d’air remontent à la surface telle de l’eau pétillante.







Je rencontre aussi nombreuses pancartes tout du long indiquant un café sinon un modeste endroit où se restaurer à deux pas de là. Au terme de ma marche, je n’ai toujours pas trouvé le café, mais je demande à une femme que sa longue vie a rapetissée et qui garde des poules noires près de sa cabane si elle peut m’en préparer un. J’ai droit à un sachet de thé bon marché infusé dans de l’eau chauffée au bois. Ici, pas d’électricité. La vieille vit avec celui qui semble être son petit-fils. Ils ne parlent pas un mot de russe, et je n’entends rien au géorgien. La communication passe principalement par nos sourires et hochements de tête. Mes hôtes m’invitent à m’asseoir sur le banc bancal de leur unique table, dans l’unique pièce qui constitue leur antre.
Les épaisses couvertures rouge et noir et le modeste linge de lit dépareillé ont été repliés pour faire gain de place après la nuit. Pas de matelas, mais des palettes de bois en guise de sommier. Pas de douche ni de toilettes non plus dans cette hutte abritée par une bâche bleue. Je ne crois pas avoir visité de maison plus pauvre dans ma vie. Malgré le dénuement total, l’estomac semble satisfait et le corps réchauffé.
Les deux montagnards semblent intrigués et heureux de faire ma rencontre. Elle leur paraît si incongrue qu’ils souhaitent me prendre en photo avec un smartphone que le petit est allé emprunter à un voisin. En revanche, me disent-ils, pas question de se retrouver sur «l’internet ». Voilà qui est universel.
La grand-mère m’enjoint à goûter le fromage qu’elle a préparé qui trône sur la table, mais voyant les mouches qui rôdent autour, je m’abstiens. Pas de réfrigérateur ici non plus évidemment.
Le moment est venu de dire au revoir aux petites poules noires.



A la fin de ma promenade, je trouve les restes d’une brebis dans un petit lac : si ce n’est pas un des nombreux loups qu’abrite la montagne qui l’aura dévorée, c’est la maladie qui l’aura achevée.



Ce soir, mon hôtesse Tamara qui me gave comme une oie depuis quarante-huit heures reçoit trois Luxembourgeois, prétexte supplémentaire pour dresser une table farcie de mets tous goûtus et plus satisfaisants les uns que les autres : nous nous régalons de khatchapuri, chakapuli, pkhali et même de khinkali au boeuf dont elle a tenté de m’enseigner le fourrage, le pliage et la cuisson et qui requièrent une exécution de maître !
Ici, tout est meilleur que dans n’importe quel restaurant de Kazbegi. Non seulement parce que les recettes sont éprouvées depuis des années, mais surtout parce que savoir que Tamara a préparé en abondance ces spécialités pour nous dans sa petite cuisine d’à-côté où tourne une vieille télé leur confère un goût incomparable.


Vendredi 13 août – la vallée de Juta – ჯუთას ხეობა
Un groupe de polonais armés de bâtons de marche et de l’accoutrement fluorescent qui caractérisent ceux qui ont fait de la randonné leur « hobby » estival est avec moi dans la Delica, ce véhicule 4×4 que possède tout Géorgien transporteur de touristes sur les routes montagnardes du Caucase .
A notre arrivée au village de Juta, je prends un chemin un peu différent de celui du groupe en attirail jaune fluo.
En sillonnant les montagnes et le long des rivières, je croise une cinquantaine de vaches impassibles – C’est toujours impressionnant de se retrouver nez-à-nez avec des bufflonnes attroupées dont l’odeur, avec celle du crottin de cheval, embaume l’atmosphère – quelques poulains broutant les fleurs et deux ou trois chiens de bergers sans brebis. J’arrive alors à une impasse : un panneau m’indique que je me trouve à la zone de frontière avec la Russie, que nul ne doit passer sans autorisation spéciale. Je ne prends pas de risque, même si ça me fait tout drôle de savoir qu’à quelques minutes de marche se trouve un sol que j’ai foulé pour la dernière fois il y a cinq ans. Je pense à mon amie Dasha qui a grandi à Naltchik, ville du Caucase russe située à quelques kilomètres de là.





En rebroussant chemin, je croise la route de jeunes garçons à cheval – à cru, évidemment – et je reprends la voie officielle, celle qui mène à Chaukhi, son col et son lac convoité. Il me faudra deux longues heures pour arriver à ce dernier, véritable soulagement pour mon corps asséché et mes pattes engourdies et fatiguées. La halte est parfaite : un furtif saut dans le lac qui ne vous tolère pas davantage que quelques secondes tant son eau glaciale vous fait mal aux membres, le Maître et Marguerite et une petite sieste dans l’herbe.


Il est dix-sept heures, je suis assise côté fenêtre de la Marchoutka en direction de Tbilissi.
Un vieillard vient d’arriver pour monter dans le véhicule, aidé par un autre monsieur. Ce dernier, bedonnant, avec son polo au col relevé et son gros cou entouré d’une chaîne argentée qui n’a rien à envier à celles des rappeurs amateurs américains, me commande de rester dans la région, et plus précisément avec lui. Je libère tant bien que mal ma main de la sienne car je n’ai pas décidé de faire ma vie à Kazbegi, et repars pour la capitale.
Samedi 14 août – Mtskheta – მცხეთა
Visite de Mtskheta, l’ancienne capitale de la Géorgie et l’une des plus vieilles du pays, déclarée ville sainte en 2014 par le Catholicossat-Patriarcat.
Alpaguée par un monsieur mariée à une Française, je monte dans une petite barque à moteur qui m’emmène entre les deux fleuves de la ville, l’un turc et l’autre russe, qui se rejoignent pour se jeter en Azerbaïdjan.
Le coeur de Mtskheta est constitué par un monastère tout à fait impressionnant aux églises orthodoxes sublimes chargées à souhait d’icônes et de dorure et où des religieuses vendent du miel et du beurre, et par le marché adjacent où j’achète beaucoup de churchkhela de toutes sortes.







Dimanche 15 août – Tbilisi – თბილისი
Le soleil qui se lève à cinq heures aujourd’hui sur Tbilissi couvre de doux rayons la forteresse et la mère de Géorgie qui veille sur la ville. On est dimanche, c’est la dernière journée de flâneries. Je vais traduire cela en géorgien pour la beauté de leur alphabet.
თბილისის თავზე დღეს ხუთ საათზე ამოსული მზე რბილი სხივებით ფარავს ციხესიმაგრეს და ქალაქს მზერა საქართველოს დედას. კვირაა, სეირნობის ბოლო დღეა.









Le soir à mon retour dans la capitale ukrainienne, rue Pavlivska, je pousse la porte en verre, mon énorme sac sur le dos, et je vois Natacha qui agite ses mains en me faisant le plus grand sourire qu’il est possible de faire avec le quart des dents que Dieu nous a données. Elle a l’air heureuse de voir que je ne suis pas tombée aux mains de diablotins Géorgiens.
Où se régaler la panse à Tbilisi
Iasamani – 33 Lado Asatiani St
Pkhalis, gressins frits, limonade maison, salade au yaourt géorgien et aux bonbons de noix dans ce restaurant aéré aux murs pastel

Badagoni Boutique Hotel Rustaveli – 4 Freedom Square
L’impression de descendre dans une cave, une multitude de cépages rouges et blancs qui remplissent les étagères sur toute la hauteur, et le meilleur Adjaruli qu’il m’ait été donné de goûter à ce jour



Café Littera – 13 Ivane Machabeli St
De la poésie en plein air, de modestes bouquets de fleurs qui ornent les tables sous les arbres…les amoureux s’y retrouvent à la lueur d’un bougeoir, et on y déguste les mets délicats de Tekuna Gachechiladze, chef reine de la fusion caucasienne.


Alubali – 6 Giorgi Akhvlediani St
Cantine peu prétentieuse décrite plus haut tenue par trois femmes. La pergola et les feuillages font tout le charme du lieu.
Culinarium Khasheria – 23 Abano St
En face des bains sulfureux, une enseigne où l’on y goûte un des meilleurs bouillons avec khinkali de la capitale. J’ai oublié de le photographier.


Shavi Lomi – 28 Zurab Kvlividze St
Un intérieur chaleureux et coloré, quelques tables sous les étoiles et des plats de très haut standing…


Keto and Kote – 3 მიხეილ ზანდუკელის ჩიხი, #3 თორაძის ჩიხი
Du porc effiloché fondant à souhait, des rouges français et géorgiens, et de très beaux desserts



Pour la route













